Ma coquillette, j’ai froid.
Je grelotte de ton absence cette nuit comme chacune des précédentes depuis ton départ. Pourtant habitué aux frissons avec toi, ceux-ci sont bien moins plaisants. J’ai relu ta lettre plusieurs fois, celle d’avant ton envol, en tentant de retrouver la chaleur de tes mains qui aurait pu se glisser entre les caractères. Mais l'encre a refroidi, et l'attente se fait encore longue.
Dans cet appartement que nous partagions encore il y a quelques semaines, je ressens encore ta présence, je n'ai pas osé ouvrir trop grand les fenêtres, de peur de la voir s'en aller elle aussi. Tout autour de moi, je vois notre passion se matérialiser, nos deux brosses à dents côte à côte, nos messages d'amour laissés en coup de vent sur des post-it avant de partir à la fac, toutes nos photos. Souvent je crois entendre un bruit, et mon esprit me joue le tour de croire en ta venue dans la pièce où je me trouve, lui comme moi ne sommes pas encore habitué, ou ne le veut pas. Tu me manques en somme, et aujourd’hui, je t’écrit ces lignes pour raccourcir un peu l’attente ou la distance qui nous sépare.
Peu m’importe nos occupations, chaque journée, chaque heure, chaque moment avec toi depuis notre installation me devient précieux, et n’était encore qu’un rêve il y a encore quelques mois ou quelques années, quand je venais te voir dans ton appartement à Périgueux, ou à Roscoff. Ta simple présence près de moi rend chacun de mes rires, chacun de mes sourires, chacun de mes projet plus grand. Et chaque jour qui nous rapproche de l’été me rappelle que le seul vrai soleil pour lequel j’ai déménagé ici c’est toi.
La première fois que je t'ai vu, je me souviens avoir instantanément eu envie de te connaître. Toutes les années qui ont suivi n'ont fait que renforcer la certitude d'avoir trouvé en toi une personne unique et rayonnante, avec qui je veux tout partager, tout vivre, et tout voir. Plus encore depuis ton départ, il m’arrive de retourner dans ma galerie pour revoir des vidéos de nous deux amoureux sur les berges de l'Isle à rapper emmitouflés, en balades en forêt à dieulefit, ou nous embrassant au bord de la mer…
Je recherche ton sourire dans chaque enregistrement, ton regard ensoleillé sur chaque fragment de vie enregistré. Tu me fascines, m’attire et m’impressionne à la fois, et même si tu me contredis souvent quand je l'évoque, tu portes en toi un charme qui t'est propre et ne me laissera jamais indifférent. J'aime tout chez toi, tout de toi. J’adore la manière dont ton visage s’illumine quand tu es heureuse, la facilité que tu as à partager ton bonheur et ton enthousiasme aux autres, la ferveur avec laquelle tu défends bec et ongle tes convictions. J'aime ton air désespéré à chaque fois que tu me regardes être maladroit. Ton humour piquant, sans détour, qui colle presque parfaitement au mien. J'adore te voir travailler, exprimer ton intelligence en te pinçant les lèvres pour mieux te concentrer. Je veux te voir réaliser tes ambitions, qui dépassent de loin tous les rêves que je puisse faire pour moi même.
Et comme si ça ne suffisait pas, ton corps et son rayonnement m’attirent irrémédiablement, à tel point qu’il m’est parfois difficile de penser à autre chose quand tu te rapproches de moi. Depuis notre première nuit et plus encore quand nous sommes séparés, aucun drap n’a plus eu la même chaleur que ta peau contre la mienne. Après ces trois années et demie, nos baisers me font toujours frissonner, et nos regards suffisent encore à faire accélérer mon cœur.
Au final, qu’importe le trésor, je veux simplement écrire la carte de notre voyage ensemble, et chaque nouvelle journée donne une occasion d'apposer une nouvelle ligne sur le tracé. Si j’ai aimé la Perrine de nos début à Périgueux, j'aime d'autant plus la Perrine aux cheveux courts, tatouée et fière de ce qu'elle devient. Depuis que ton train a quitté ce quai, je compte les jours avant ton retour. Je m'imagine déjà les moments qu'on passera quand tu seras de nouveau ici, le bruit de tes pas dans l'appartement, nos nuits l'un contre l'autre, mais surtout le bonheur de te serrer à nouveau dans mes bras. En attendant ne t'inquiète pas, je prends soin de notre Gimli.
Je t’aime passionnément,
Ton Valentin